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TOUT VA BIEN (SI, SI, ON VOUS JURE !) Il est vrai qu’en ces temps difficiles, il est dur de voir le bon côté des choses. La bédéiste québécoise Bach est bien placée pour le savoir… Malgré une vie heureuse et épanouie, à la fois sur le plan personnel et professionnel, elle ne peut s’empêcher de douter, de culpabiliser, d’avoir peur. Dans ce joli livre autobiographique, Bach explore la pression que chacun s’impose et nous incite à ne pas nous sentir coupable d’être heureux.
Estelle Bachelard, alias Bach, n’est pas une nouvelle venue dans le paysage de la BD québécois. Active depuis les années 2010, elle a publié chez Mécanique Générale, chez Les Éditions de l’Homme, et plus récemment chez Front Froid avec Tant pis pour les likes (2023). C’est chez ces derniers que l’autrice signe à nouveau pour Je vais bien, pour une parution prévue le 6 avril 2026.
Dans ces 140 pages, Bach suit un fil rouge très simple : elle aime ce qu’elle fait, mais ne peut s’empêcher de penser au mauvais côté des choses. Elle veut faire des choses, mais elle souhaite également avoir du temps pour s’ennuyer. Elle aime ses enfants et son chat, mais aimerait aussi qu’ils la laissent tranquille. Elle aime être une femme, mais les nouvelles du monde lui rappellent en permanence que ses droits ne sont pas acquis.
L’autrice ne cherche pas à se placer en victime du monde (elle se sent même coupable de l’envisager), mais met simplement en images ce que beaucoup ressentent. Il est très probable que vous trouverez tous et toutes une situation qui vous parlera, un doute ou une culpabilité que vous ressentez.
Le livre est divisé en trois parties. Tout d’abord, la première moitié suit le même motif : une fierté et le doute qui lui répond. Mais Bach explore ensuite des domaines plus sombres, atténuant les couleurs pour passer de l’aquarelle au noir et blanc. Elle y parle du regard des autres et le jugement qu’elle se porte sur elle-même vis-à-vis d’autrui. Tout perd goût, le quotidien qui apportait son lot de douceur devient fade et sans vie. Dans la troisième partie, l’autrice se ressaisit, poussant cette fois la saturation à fond où elle commence à lister ce qu’elle aime et ce qui lui fait du bien. Durant les dernières pages, elle dessine le chaos de la vie, celui qui fait qu’on se lève le matin pour voir ce que la journée apportera. On est presque dans la poésie, en vérité !
Pour l’instant prévu uniquement au Québec, au prix de 26 CAD, Je vais bien est un excellent livre, une petite tranche de poésie qui saura parler à tous d’une façon ou d’une autre. Espérons que la maison Front Froid importera un jour l’album dans l’Hexagone !
AO
Voir en ligne : Le site de Front Froid
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