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CANCER - Face au vent, c’est le récit de la lutte contre le cancer du sein vécu par l’autrice-compositrice Fanny Leeb, qui se met en scène dans ce roman graphique autobiographique. Intéressant, mais peut-être trop lisse.
Découvrir que l’on a un cancer est toujours un électrochoc pour les personnes qui en sont victimes, et Fanny Leeb, la fille de l’acteur, chanteur et humoriste Michel Leeb, ne fait pas exception. Le jour où elle apprend qu’elle a un cancer du sein, elle décide de se battre et d’en faire une force, entourée de sa famille et de ses amis. Cette BD, ce sont ses batailles, sa guerre entourée de ses proches, mais aussi sa reconstruction, qui ne se limite pas à juste guérir. Il faut aussi continuer à vivre lorsque le combat est terminé, reprendre une vie normale et dépasser le statut de « malade en rémission ».
Bien qu’il aborde une thématique qui touche des milliers de femmes chaque année, le problème de cet album est qu’il ne s’adresse pas forcément à toutes. Le sujet ici n’est pas tant « comment se remettre d’un cancer du sein ? » que « regardez comment je m’en suis (bien) sortie » : la différence est subtile, mais elle est perceptible et elle ne plaira peut-être pas à tout le monde.
Sans nier le calvaire qu’a dû traverser l’autrice, il faut avouer qu’elle a vécu sa maladie d’une façon assez unique : un cancer détecté très tôt, pas de rechute, une famille et un compagnon qui la soutiennent sans réserve (même s’il y a quand même un petit twist à un moment) et une notoriété préexistante qui a facilité la mise en scène de son combat par la chanson.
Même si l’ouvrage est bien écrit et bien dessiné, tout le monde ne pourra donc pas s’identifier à ce parcours assez atypique. Le côté systématiquement positif du discours de l’héroïne (être forte, toujours motivée, rire, lutter contre la peur) peut aussi lasser et entraîne, à force d’insistance, un certain manque de crédibilité. On aurait aimé que l’héroïne se repose vraiment, prenne le temps de se remettre et admette parfois ne pas toujours avoir le moral d’une battante.
Certaines personnes pourraient enfin percevoir cette BD comme un moyen de se valoriser à travers la maladie et en être gênées, cette impression étant renforcée par le fait que l’aspect purement médical des protocoles et la façon dont l’entourage vit la maladie sont des aspects à peine survolés.
GBé
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