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RIP. Le dessinateur britannique Glen Baxter, est décédé le 29 mars 2026 à l’âge de 82 ans. Il était le parfait représentant d’un certain humour pince-sans-rire que l’on prête aux « Britishs ». Maniant l’understatement, il était plus qu’un cartoonist : un artiste à part entière.
Né en 1944, Baxter est un Britannique « pur tweed ». Son imaginaire s’est nourri des films loufoques et trépidants des Marx Brothers et des romans idéalisés du Captain W. E. Johns, le créateur de l’aviateur Biggles, héros de la jeunesse britannique de l’après-guerre. Il fait ses études au Leeds College of Art en 1960. L’époque est à l’abstrait : Jackson Pollock, Rothko, Willem de Kooning sont les stars des écoles d’art. Des gens pas drôles à ses yeux : il s’inspire davantage d’Alfred Jarry et de Marcel Duchamp…
Après ses études, il s’installe à Leytonstone ; la légende raconte que c’est parce qu’Alfred Hitchcock y est né. Il enseigne le foot et la poterie dans une école locale, fait du théâtre et s’essaie à la poésie. Après un aller-retour à New York, où il réside quelque temps au début des année 1970, à Greenwich Village, au cœur de la contre-culture de l’époque, il s’installe à Londres, illustrant lui-même ses poésies réduites aux haïkus, avec des dessins en noir et blanc, naïfs et décalés. Jaco Groot, des éditions hollandaises De Harmonie, le repère et publie son premier recueil en noir et blanc : Atlas en 1979.
La presse lui ouvre bientôt les portes : The Times, The Guardian, The New Yorker, Vanity Fair, Vogue et Elle. Son mélange de surréalisme et d’images surannées séduisent. Les recueils se succèdent, publiés principalement en France par les éditions Hoëbeke.
Mais ce sont principalement ses estampes qui font son succès. Il expose régulièrement en galerie à New York, Paris, Londres, Tokyo, San Francisco ou Sydney. En 1999, le gouvernement français lui commande une tapisserie et ses dessins sont entrés dans les collections de la Tate et du Victoria and Albert Museum. Il était représenté en France par la galerie Isabelle Gounod à Paris.
Ses dessins étaient subtils, habités, arpégeant avec les codes de la littérature d’aventure et de l’histoire de l’art. Son univers, peuplé de cow-boys et d’élégants gentlemen dans les situations les plus absurdes était en droite ligne de la veine surréaliste d’un Magritte titré par Louis Scutenaire.
Échappant à toute définition, cet héritier d’Edward Gorey n’était ni un humoriste, ni un moraliste : c’était un poète-dessinateur.
DP
En médaillon : Glen Baxter - Fotopersbureau De Boer via Wikimedia
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