On pense toujours que la génération des créateurs de l’âge d’or de la bande dessinée belge est sortie ex nihilo, comme Athéna, armée et casquée, du crâne de Jupiter ; elle est en réalité le produit d’une longue tradition artistique qui va des primitifs flamands à Magritte. Gabrielle Vincent (1928-2000), si elle l’avait voulu, avec son trait virtuose et juste, aurait pu faire de la bande dessinée, genre Catherine Meurisse ; elle a fait quelques pages d’ailleurs qui relèvent de l’art (…)