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ÉTRANGE ONIRISME – Japon, de nos jours. Yuta, un jeune garçon parti jouer dans la forêt qui entoure la maison familiale, s’endort au pied d’un arbre après avoir couru derrière son chien. Sous la protection du dieu renard, ses rêves l’emmènent loin dans le temps, à la découverte de ses vies antérieures et potentielles. Mais c’est sans compter sur la présence des fantômes et démons qui hantent la forêt et viennent perturber le fil de son histoire...
Tour à tour samurai, tatoueur ou photographe, les vies passées de son héros permettent à Kaeru Utagawa d’explorer par petites touches dans ce premier manga une partie de l’histoire et la culture folklorique du Japon. Sans être exagérée, la violence est bien présente, qu’elle soit physique ou psychologique, les dieux du rêve n’épargnant pas le jeune homme. Le rythme de récit est aussi régulièrement cassé par les changements d’époques et d’aspects du héros, ce qui pourra perdre le lecteur.
Le Yuta adulte est représenté sous les traits surprenants et incongrus d’une sorte de Gérard Depardieu. Le dessin et les décors alternent entre sobriété et profusion de détails, à l’image de la couverture bien plus travaillée qu’il n’y paraît de prime abord. Les initiés à la culture nippone sauront saisir les clins d’œil culturels et visuels qui parsèment le récit quand les autres en seront intrigués et chercheront peut-être à en savoir davantage.
Étrange, difficilement classable mais intrigant, Yashirojima, La forêt des rêves perdus coche toutes les cases de la collection Alpha lancée par Véga en 2022 pour mettre en valeur les mangas « hors normes » comme Kurage ou le Samurai d’Oku.
GBé
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