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DYSTOPIE - Dans un futur proche, sur l’île enclavée de Neopolis, un virus affecte l’ensemble de la population depuis la naissance : tout rapport sexuel est ainsi formellement interdit car mortel. Conditionnés pour se détester, les clans masculins de Junk Town et féminins de Tech City vivent séparés par un mur, s’abstiennent de tout contact et se vouent une haine farouche. Mais l’apparition et la popularité grandissantes du N-Dorphin, une drogue révolutionnaire simulant l’orgasme, viennent rompre le statu quo.
Bien malgré eux, Kenzell et Lesya, deux dissidents que tout oppose, se retrouvent mêlés à une guerre de clans sans merci et vont devoir faire face à une réalité qui les dépasse...
Cette série en quatre tomes du Canadien Joël Dos Reis Viegas est la version papier de l’animé éponyme financé par une campagne Kickstarter en 2014 et au succès mitigé outre-Atlantique. En effet, la sortie du pilote en septembre 2015 avait vu fleurir les critiques sur l’homophobie et le racisme supposés du projet, assez incompréhensibles à la lecture de ce premier tome qui propose une approche et une ambiance originales avec des personnages de différentes origines ethniques.
Certes, les clichés habituels sur les communautés ne nous sont pas épargnés et le scénario est parfois un peu vite expédié, mais la tension, la peur et l’embrigadement sont bien rendus dans la nervosité du trait et les rebondissements de l’intrigue. Les deux héros sont intéressants, avec des personnalités marquées.
Graphiquement, on repère vite que l’auteur vient du milieu de l’animation et du jeu vidéo, avec les positionnements des personnages et le souci du détail dans des décors qui rappellent certains bad trips de Trainspotting.
Dix ans après sa création, à une époque où les sujets du genre et des préférences sexuelles sont davantage normalisés, on peut espérer qu’Urbance rencontre un nouveau public et vive une seconde carrière au format manga. Il faudra juste attendre le tome 4 dont la publication n’est pas encore annoncée en France, Ankama axant davantage sa communication sur ses séries phares Wakfu, Dofus ou Maliki.
GBé
Voir en ligne : Bande Annonce de l’animé "Urbance"
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