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En dépit de représentations communes persistantes validées par les logiques de décernement des plus grands prix qui contribuent à les invisibiliser, les femmes ont toujours été des actrices du monde du 9e art, bien au-delà de l’idée reçue de la seule existence de quelques-unes, isolées, nageant à contre-courant dans un milieu masculin.
L’entreprise de réhabilitation est en marche, par exemple avec le projet de construction d’un matrimoine de la BD, que nous avons relaté ici, dirigé par Camille de Singly et Marys Renné Hertimans.
Cette dernière est encore doctorante (en sciences de l’information et de la communication), mais plus pour longtemps puisqu’elle soutient prochainement sa thèse.
Elle est intitulée :
Les Luttes pour la reconnaissance des femmes dans la bande dessinée française
La soutenance est prévue le mercredi 25 juin 2025 à 14h, salle A2-215 de la Maison de la Recherche de l’Université de Paris 8.
Il est possible d’y assister en distanciel (inscription sur ce lien).
Le jury sera composé de :
Éric DACHEUX – Professeur des universités, Université Clermont Auvergne (Rapporteur)
Marta SEGARRA – Directrice de recherches, CNRS (Rapportrice)
Pascal ROBERT – Professeur des universités, ENSSIB (Examinateur)
Delphine NAUDIER – Directrice de recherches, CNRS (Examinatrice)
Fabien GRANJON – Professeur des Universités, Université Paris 8 (Directeur de thèse)
Résumé de la thèse :
Dans le neuvième art français, les femmes ont longtemps souffert d’un double déni de reconnaissance : leur participation pleine à cette industrie leur a été refusée, et leur existence même dans le paysage bédéiste a été niée. Pourtant, leur contribution, depuis les débuts de la BD jusqu’à aujourd’hui, est bien réelle. Ce déni a été renforcé en 2016, lorsque le Festival d’Angoulême a affirmé que les autrices étaient rares dans l’histoire de la BD. Face à cette déclaration, des créatrices se sont mobilisées, lançant une lutte collective pour faire reconnaître leur travail et dénoncer les discriminations subies. Cette mobilisation, toujours active dix ans plus tard, est au cœur de cette thèse.
L’étude repose sur une méthodologie mêlant observation participante, entretiens semi-directifs, analyse d’archives et données issues de neuf ans de suivi du collectif BDégalité. En croisant les théories de la reconnaissance et la sociologie des mouvements sociaux, elle analyse les ressorts et dynamiques internes du mouvement des femmes bédéastes.
L’un des constats majeurs est la relative institutionnalisation de ce mouvement, signe d’une reconnaissance partielle : les créatrices et leur contribution sont plus visibles ; leurs revendications mieux comprises, même si toutes n’ont pas été satisfaites ; et leur présence s’est accrue dans des espaces décisionnels. Toutefois, la reconnaissance reste inégalement répartie, et les principaux besoins du groupe en lutte demeurent insatisfaits. Cet écueil entrave encore la pleine participation des femmes, leur représentation et un rééquilibrage plus large du champ de la bande dessinée.
DB
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