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CONTE DE FÉES. L’illustrateur et directeur de collection Benjamin Lacombe ajoute une nouvelle pierre à l’édifice qu’il construit chez Albin Michel. Dans une collection qu’il dirige, lui et ses amis réinventent dans de sublimes livres illustrés les classiques de la littérature. En 2025, avec Cécile Roumiguière, il remet en jeu La Belle et la Bête.
Il est des contes qui habitent l’inconscient collectif. Le long métrage de Jean Cocteau et le film d’animation de Walt Disney n’y sont, évidemment, pas étrangers. La Belle et la Bête, ce récit d’amour difficile, sur les apparences et la différence, sur la tolérance, revêt de nouveaux atours et habits de lumière grâce à Benjamin Lacombe chez Albin Michel.
Il propose ici la réécriture moderne d’un conte revisité par Cécile Roumiguière. L’autrice s’est plongée dans l’histoire de la famille Gonsalvus dont les membres souffraient d’hypertrichose, cette maladie aussi appelée celle de l’homme-lion qui se manifeste par une pilosité abondante sur tout le corps et en particulier sur le visage. Petrus Gonsalvus et l’une de ses filles Antonietta apparaissent sur un fameux portrait datant du XVIe siècle, époque où ils étaient devenus une attraction de la Couronne de France, avant de tomber en disgrâce dans une cour italienne.
Cette histoire vraie est documentée dans un dossier à la fin de l’album. Elle a donné la matière au conte de La Belle et la Bête de Mme de Villeneuve et Mme Leprince de Beaumont. Dans leur récit, la romance se déroule à Venise et la Bête n’est pas un fauve frappé d’une malédiction mais un homme souffrant de maladie.
Comme à son habitude, Benjamin Lacombe soigne le moindre détail de son projet. L’objet est magnifique avec sa dorure au fer, ses papiers raffinés (différents types de papiers sont utilisé dans l’album), sa cinquième couleur métallisée à l’intérieur de l’album…
L’album avait été salué dans l’exposition La BD règle ses contes lors du dernier festival d’Angoulême. Là aussi comme à son habitude, Benjamin Lacombe s’était impliqué dans la scénographie, le choix des illustrations et des modèles exposés. À tel point que l’on retrouvera ces pièces dans des lieux prestigieux comme les châteaux de Chambord ou de Blois, excusez du peu.
KN
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