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ÎLE ÉTAIT UNE FOIS... Hergé maître de la Ligne claire qui en a fait, de la Ligne claire, sans le savoir puisque le concept et sa théorie sont arrivés bien plus tard, a créé Tintin et son chien Milou en 1929. Dans les pages du supplément jeunesse "Le Petit Vingtième" du journal belge Le Vingtième Siècle. Un personnage culte qui va beaucoup évoluer au cours des décennies suivantes. Mais pour une histoire d’île sauvage, et ce, sur un scénario de John Layman, un certain Jacob Edgar ( ça ne s’invente pas) va dessiner Tintin et son fox-terrier de chien dans une mini-série à paraître prochainement.
On connaît l’histoire : Hergé qui crée Tintin. La rencontre du dessinateur avec Edgar P. Jacobs, un autre artiste incroyable qui va grandement lui prêter la main dans la réalisation ou la reprise des aventures du jeune reporter à houppette. La création aussi d’un journal mythique qui va écrire sa part de l’Histoire avec un grand H de la BD franco-belge ou belgo-française suivant les sensibilités, chatouilleuses de nos jours.
Avec Jacobs qui va brillamment donner vie à ses personnages Blake et Mortimer en suivant. Et puis la Ligne claire, surtout, qui est en marche. Un mouvement de dessin et de narration au style esthético-référentiel à nul autre pareil, qui n’est du coup pas qu’un simple détourage au trait des formes, attention.
Hergé, Jacobs, même s’ils nous ont quittés depuis longtemps sont toujours aussi présents.
Domaine public.
Oui mais voilà : en 2025 Tintin, en tout cas sa version de 1929 qui comprend quelques personnages du début plus la couleur, est tombé dans le domaine public aux États-Unis. La couleur aussi voyez-vous, avec cet épineux problème du droit d’auteur américain qui n’est absolument pas valable chez nous, puisque le numéro de Noël 1929 du Petit Vingtième, le dernier numéro tombé dans le domaine public US en janvier dernier, proposait deux pages de Tintin en couleurs. Une partie de Tintin au Congo le serait aussi.
Une entrée dans le domaine public américain encore, que la société propriétaire des droits légaux du personnage d’Hergé,TintinImaginatio, conteste sur la base du fait que Tintin n’a été traduit en albums aux USA que trente ans plus tard, en 1959.
Mais bon.
Hors de ce postulat à la ligne pour le coup pas très claire on le pressent, l’éditeur Américain IDW Publishing compte triomphalement publier le 25 février 2026, une aventure du Rocketeer : le personnage rétro et aérien créé par le regretté Dave Stevens, roi du glamour en bande dessinée.
Voltige rétro et acrobaties éditoriales.
Dans cette mini-série qui se déroule en 1938 et titrée The Rocketeer : The Island, le personnage principal qui porte le costume à réaction qui lui permet de décoller du sol comme un as de la voltige, Cliff Secord, va voler au secours d’une célèbre aviatrice qui a vraiment existé : Amelia Earthart. Une aviatrice portée disparue au large des Îles Phénix dans les années 1930 lors d’une tentative de tour du monde.
Dans ce récit, où la réalité est rattrapée par la fiction, Cliff Secord est mandaté pour partir à la recherche d’Amelia, amie d’enfance, disparue sur une île depuis un an. Une île aux cités improbables comme dans tout bon récit d’aventure rétro on le devine, façon Skull Island de King Kong. Peut-être pas tout à fait un hasard.
Cité de rencontres
Par le jeu des entrées dans le domaine public américain, le Rocketeer va croiser dans cette voltigeante aventure rien moins : que Tintin et son fidèle Milou, nous y voilà ! Mais aussi... Popeye le roi des épinards créé en 1929 par EC Segar dans Thimble Theatre plus, pourquoi pas, King Kong, lui aussi libre de droit dans sa version première ! Voilà qui reste à confirmer pour le gorille. Le tout sur la base d’un début de scénario de Dave Stevens qui n’a pas pu concrétiser ce projet, suite à son décès, emporté par une leucémie.
Rétropédalage en vue ?
Bien sûr seule l’apparence ponctuelle de ces personnages, celle devenue libre de droit, sera utilisée : puisque les noms de ces protagonistes sont des marques dûment déposées. Comment va réagir TintinImaginatio de son côté ? D’autant que ce n’est pas une première pour Tintin.
En attendant si on considère que les droits de Tintin, Milou et tout un tas d’éléments autour sont protégés jusqu’en 2054, 70 ans après le décès de Hergé en 1983 sur notre continent, nous sommes sans doute bien partis pour attendre un peu, pour lire cette aventure à la saveur opportunément très rétro.
PA
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