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Festival d’Angoulême : le boycott est toujours sur la table

14 octobre 2025 Commenter
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OÙ VA LE FESTIVAL ? L’Association du FIBD d’Angoulême est-elle en train s’entêter au point de commencer à ressembler à un cercueil roulant à toute allure en dépit des considérations portées à toute une profession ? C’est ce qu’affirme L’Humanité qui, sous la plume de Lucie Servin, revient sur le mot d’ordre de boycott relayé par le dernier Grand Prix d’Angoulême2025 : Anouk Ricard

Suite à la bronca médiatique engendrée par les articles et l’enquête de Lucie Servin pour L’Humanité - où étaient dénoncés tout à la fois la dérive mercantile, le management toxique, la gestion désastreuse d’un cas de viol d’une employée - et aux colères légitimes des auteurs et autrices-., l’Association du FIBD avait fini par dénoncer le contrat la liant à la société 9e Art+ qui organise la manifestation, société incarnée par son délégué général, Frank Bondoux. Un appel d’offres avait alors été lancé, tandis que M. Bondoux, figure qui agrège la contestation, annonçait se mettre en retrait de la manifestation à partir de 2027.

Pourtant, alors que la société emportant l’appel d’offres ne devrait être révélée que le 8 novembre, un nouvel article de L’Humanité révèle que 9e Art+, actuel prestataire jusqu’en 2027, devrait pouvoir se trouver renouvelé dans ses fonctions pour dix ans.

Cette rumeur court alors que les candidats à l’obtention de l’organisation ne devraient être auditionnés que le 31 octobre 2025 ! Certes, M. Bondoux avait annoncé son retrait d’ici deux ans, mais comme celui-ci est l’actionnaire majoritaire de 9e Art+ qui tiendrait la corde pour emporter le marché, d’aucuns sentent l’embrouille.

Ce lundi 13 octobre, les organisations représentatives des auteurs et autrices de bande dessinée ont publié une tribune afin de réclamer d’une même voix que, quel que soit le prestataire retenu, des évolutions soient actées dans une charte des bonnes pratiques. Elles maintiennent la pression en indiquant que le risque de boycott de la manifestation 2026 demeure une possibilité. Or, quoi de mieux pour inspirer une révolte que le renoncement d’un Grand Prix ?

Festival d'Angoulême : le boycott est toujours sur la table
Anouck Ricard, Grand Prix 2025, ne fera pas d’exposition et n’ira pas au Festival en 2026

Ce mardi 14 octobre, de bon matin, la tension est encore montée d’un cran avec l’annonce d’Anouk Ricard. Grand Prix 2026 de la ville d’Angoulême, l’autrice annonce sur les réseaux sociaux sa décision de ne pas participer à la prochaine édition du festival. De ce fait, quid de la grande exposition qui est censée lui être consacrée ?

« Être élue grand prix d’Angoulême 2025 par mes pair.es, les auteur.ices de bandes dessinées est un immense honneur. C’est la plus belle des reconnaissances pour moi. Mais...dans le contexte actuel, autour de l’organisation du festival, j’ai pris la décision de ne pas participer à l’édition 2026 ni à l’exposition qui devait m’être consacrée. C’est un choix personnel, réfléchi, en accord avec mes convictions et en soutien aux voix qui demandent un changement nécessaire et qui appellent au boycott. Pour un festival plus respectueux et à l’écoute de toutes les voix. J’espère que cette décision sera comprise pour ce qu’elle est : un geste de cohérence, de solidarité et non de rejet de la bande dessinée ou de son public. Je ne m’exprimerai pas davantage dans les médias sur ce sujet, je souhaite continuer à créer à mon rythme et à ma place. À bientôt ! » (Anouk Ricard sur Instagram)

De leur côté, d’après nos renseignements, les grands éditeurs n’envisagent pas le boycott. On espère une transparence dans la procédure qui permettra d’opérer un choix qui rencontrerait les aspirations à une nouvelle gouvernance.

RG & rédaction

Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

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