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Décès de Peter B. Gillis, scénariste de comics précurseur - et peut-être visionnaire...

30 juin 2024 3 Commentaires
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NUMÉRIQUE EN AMÉRIQUE. On vous en parle enfin : le scénariste américain Peter B. Gillis est décédé le 20 juin dernier, à l’âge de 71 ans. Non seulement, il était reconnu pour sa collaboration avec Marvel Comics dans les années 1980, mais il était aussi un précurseur, accompagné, notamment, du dessinateur Mike Saenz.

Peter B. Gillis est né en 1952. Diplômé en littérature médiévale allemande, il a proposé sa candidature à Marvel Comics après avoir pris un congé sabbatique pour s’oxygéner de ses études supérieures. Il commença ainsi en tant que pigiste en 1978, en écrivant une histoire pour Captain America #224.

Décès de Peter B. Gillis, scénariste de comics précurseur - et peut-être visionnaire...
Captain America #224.
© Marvel Comics.

Il écrivit, pendant une belle décennie, pour des séries secondaires comme Micronauts, Les Défenseurs, Les Éternels, Marvel Two-in-One, Super-Villain Team-Up, John Carter Warlord of Mars, mais aussi Thor, Iron Man, The Incredible Hulk et Doctor Strange.

Le regretté Billis a notamment brillé lorsqu’il a publié quelques histoires marquantes pour les comics précurseurs du fameux multivers - aujourd’hui énorme tarte à la crème et roue de secours de tous les scénaristes à bout de souffle qui piochent dans les comics -, la série anthologique qui se penche sur les réalités possibles des comics basés sur la continuité de l’éditeur Marvel : What If… ?.

En 1984, Peter B. Gillis écrit un épisode d’une possibilité alternative de l’univers Marvel pour What If...?. Le numéro 44 qui voit une Amérique tentée par les extrêmes. Le discours du Captain va marquer.
« Écoutez-moi, vous tous ! Cet homme, votre héros, vous a dit que l’Amérique était le plus grand pays du monde !
Il vous a dit que les Américains étaient le plus grand peuple, que l’Amérique pouvait être raffinée comme l’argent, que ses impuretés pouvaient être éliminées par martelage et briller plus fort ! Il a continué à vous dire combien l’Amérique était précieuse, et que vous deviez vous assurer qu’elle reste grande ! Et il vous a dit que tout était justifié pour préserver ce grand trésor, cette perle de grand prix qu’est l’Amérique !
Eh bien, je dis que l’Amérique n’est rien ! Sans ses idéaux, sans son engagement en faveur de la liberté de tous les hommes, l’Amérique n’est qu’un déchet !
Une nation n’est rien ! Un drapeau est un morceau de tissu ! J’ai combattu Adolf Hitler non pas parce que l’Amérique était grande, mais parce qu’elle était fragile ! Je savais que la liberté pouvait être étouffée ici comme dans l’Allemagne nazie ! En tant que peuple, nous n’étions pas différents d’eux ! Quand je suis revenu, j’ai vu que vous aviez failli transformer l’Amérique en néant !
Et la seule raison pour laquelle vous n’êtes pas moins que rien, c’est qu’il vous est encore possible de ramener la liberté en Amérique ! »
© Marvel Comics.
À méditer, aujourd’hui, assurément quand les extrêmement contres de tous bords et de tous poils, pompiers pyromanes plutôt dos à dos que face à face, nous conduisent, partout, dans la même direction, droit dans le mur. Las, ici-bas, Captain America n’existe pas, pas plus que le sauveur providentiel ou les solutions faciles, surtout morales. Par contre on sait à qui dire merci... Aux apôtres des boucs émissaires faciles aussi bien qu’aux champions de la gomme en pleine béatitude.
© Marvel Comics.

En 1986, il crée pour Marvel avec le dessinateur Brent Anderson la série de science-fiction Strikeforce : Morituri, placée en dehors de la continuité officielle de l’éditeur mais toutefois au sein du multivers.

Peter B. Gillis va également donner un beau relief au personnage Black Panther en 1988.
© Marvel Comics.

Peter B. Gillis a aussi quelques temps occupé, de 1980 à 1981, un poste de directeur éditorial pour New Media Publishing, l’un des premiers distributeurs indépendants de comics sur le marché américain.

DR

Mais.

Néanmoins, Peter B. Gillis est véritablement entré dans l’Histoire des comics en écrivant, entre autres, pour l’éditeur indépendant First Comics, Shatter, la première bande dessinée américaine dessinée avec l’aide d’un ordinateur ! Et ceci, en collaboration avec le dessinateur Mike Saenz, également concepteur et développeur de jeux vidéo.

Shatter (publié aussi dans le magazine Spirou) : la révolution numérique est en marche !
© First Comics, Mike Saenz, Peter B. Gillis.

Aujourd’hui cette utilisation du numérique est quasiment la norme dans les comics ou dans les autres genres.

PA

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