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DISPARITION D’UN MAÎTRE. Nous apprenons avec une infinie tristesse la disparition d’André Juillard, l’un des plus beaux dessinateurs classiques d’aujourd’hui, Grand Prix d’Angoulême en 1998.
Révélé par les revues de Fleurus Presse, avec Bohémond de Saint-Gilles (Sc. Claude Verrien), puis Isabelle Fantouri (sc. Didier Convard), il rejoint bien vite grâce à l’éditeur Henri Filippini, le mouvement de la bande dessinée d’histoire impulsée par le jeune éditeur grenoblois Jacques Glénat. Il y était notamment le dessinateur des sagas de Masquerouge (d’abord publié dans Pif Gadget), puis des 7 Vies de l’épervier et de Plume aux vents avec Patrick Cothias, et également de Arno avec Jacques Martin, toutes publiées par Glénat. On lui doit aussi chez cet éditeur une participation au Triangle Secret de Didier Convard
(À Suivre) lui ouvre les portes au début des années 2000, pour son premier album d’auteur « complet », où il assure le scénario et le dessin, tout en quittant le registre de la bande dessinée historique : Le Cahier bleu (Casterman), sans doute son chef d’œuvre. Une collaboration avec Pierre Christin nous vaut trois tomes de Léna chez Dargaud.
En 2000, l’auteur réalise un rêve d’enfance : dessiner son propre album de Blake et Mortimer avec La Machination Voronov, scénarisé par Yves Sente. Il y défie les contraintes de la ligne claire. Son trait dépoussière la fantasmagorie de l’opéra de papier créé par Edgar P. Jacobs dans une série qu’il accompagnera, en alternance avec d’autres dessinateurs, jusque dans ces dernières années. André Juillard assume sans passéisme ce retour aux sources du classicisme de l’école franco-belge de la bande dessinée.
Influencé aussi bien par le peintre classique Ingres que par le dessinateur américain Harold Foster, ce grand connaisseur et ami de la bande dessinée, était d’une nature discrète. Sa disparition ce 31 juillet, en pleine effervescence olympique, lui ressemble. Il part sans bruit, mais il laisse un manque immense.
DP
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)
Voir en ligne : NOTRE HOMMAGE A ANDRE JUILLARD
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