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CARO. Caro Morane. Non, ce n’est pas une blague à la Toto. C’est vrai. C’est la dernière bordée de nouveautés des éditions Hibou : des romans dont l’héroïne serait… la fille de Bob Morane, Caroline, alias « Caro », en duo avec la fille de Bill Ballantine, Gillian, alias « Jill ». Voilà qui corrige un peu le duo macho d’Henri Vernes né en 1953. Pierre Joubert en avait dressé le portrait : cheveux noirs en brosse, teint hâlé, menton volontaire, physique de commando. Il était accompagné d’une montagne de muscles, un géant roux vénérant les Good Old Irish Whiskeys : Bill Ballantine. Un duo ultra-masculin, au point que Yann & Conrad spéculèrent sur la profondeur de leur amitié. En 70 ans, la cause féministe a progressé, au point que, dans les années 2000, quelques fans de la série d’Henri Vernes décidèrent de lui rendre un hommage… féminin.
« Notre ami Bob avait donc une fille, et nous l’ignorions », écrit Henri Vernes en préface du premier volume, intitulé Le Temple des pères, comme pour marquer l’âge désormais antédiluvien du patriarcat. « Et peut-être lui-même l’ignorait-il… », ajoute le facétieux écrivain belge.
Évidemment, le créateur du héros viril des éditions Marabout s’interroge : qui donc est la mère ? Comme notre héros a très souvent butiné – chastement, nous sommes dans des romans pour la jeunesse –, il égrène les possibilités : « La dangereuse maîtresse du SMOG ? La capiteuse rouquine du Chronicles ? La douce nièce du monstrueux Mongol ?... » Voire une autre, « rencontrée au cours d’une aventure pas encore écrite et qui ne le sera peut-être jamais »…
Caro Morane est conçue comme un hommage à l’univers de Bob Morane. La série est due à Philippe Cottarel, auteur et dessinateur. Richard Colombo est crédité pour l’écriture des romans. Cette chère Caro vivant des aventures similaires à celles de son père, « Charlie » – le véritable surnom d’Henri Vernes, qui s’appelait Charles –, le créateur du héros la prévient avec humour : « … le danger est au coin de la rue. Tiens-toi à carreaux, Caro ! »
Les deux premiers titres avaient été publiés en 2015. Cette nouvelle édition propose des versions modifiées et enrichies à la faveur d’un accord récent avec les ayants droit de Bob Morane. Certains chapitres sont inédits. Les illustrations intérieures et les couvertures de Phil Cottarel ont été redessinées. La préface d’Henri Vernes est reproduite en fac-similé.
Trois titres viennent de paraître – deux rééditions et un inédit –, les éditions Hibou remettant le couvert en octobre prochain avec La Malédiction du Djinn, L’Oni de Fukushima et L’Exécuteur. À ces trois romans viendra s’ajouter l’artbook/BD Tempus Fugit, édité jadis dans une version quasiment pirate, mais qui revient cette fois officiellement, après accord avec les ayants droit.
Henri Vernes, Gérald Forton et Tyef ont préfacé les trois premiers romans ; Marc Hardy, Frank Leclercq et Christophe Corthouts, tous anciens contributeurs à l’univers du vaillant Bob, signeront les trois préfaces suivantes. Christophe Bec et Paolo Grella interviendront dans une troisième vague.
DP
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